La psychothérapie
est une pratique visant à donner du sens, à
soigner et éventuellement à résoudre
les problèmes découlant d'une souffrance psychique
rencontrée par des individus et pouvant se manifester
par des symptômes comme la dépression, l'anxiété
ou éventuellement par des conduites (alimentaires
TCA, conduites à risques, etc.). L'aspect central
de cette pratique relève de la relation entre le
psychothérapeute et le patient que les psychanalystes
appellent transfert. Les écoles sont nombreuses et
correspondent à des références et à
des pratiques très différentes voire contradictoires.
En médecine, la psychothérapie
est rattachée à la psychiatrie, et en psychologie,
elle relève d'une formation post-graduée.
Selon les pays, le titre de psychothérapeute est
ou n'est pas protégé et dans ce cas, quiconque
peut se prétendre psychothérapeute.
Voir l’article Réglementation
française liée à la psychologie#Le
titre de psychothérapeute.
Plusieurs écoles ont été qualifiées
de sectes par la Mission interministérielle de
lutte contre les sectes. La psychothérapie n'est
pas à confondre avec le « counseling »
ou le « coaching » très en vogue dans
les pays anglo-saxons et qui ne présuppose ni formation
universitaire ni formation à la psychopathologie.
Les psychothérapies ne sont remboursées
par la sécurité sociale ou les assurances
maladies que si elles sont pratiquées par des psychiatres,
ou qu'elles sont effectuées dans un Centre Médico-Psychologique.
En Suisse il existe une variante, un psychologue peut
effectuer une psychothérapie « déléguée
» par un psychiatre, elle est alors aussi remboursée.
Éléments d'histoire des psychothérapies
Portrait de Mesmer.Si le mot psychothérapie a été
forgé a la fin du XIXe siècle, ces traitements
de l'esprit sont, eux, beaucoup plus anciens. La souffrance
psychologique a été reconnue depuis toujours
et on en retrouve des traces de pratiques dans les mythes
(Herakles). Cette reconnaissance demeure et demeurera
longtemps incomplète et soumise à la méfiance
générale. Les progrès de la médecine
et de la psychologie ont déjà permis que
des techniques psychothérapeutiques efficaces se
développent de manière spécifique.
Ces progrès sont cesse remis en cause, probablement
du fait que la souffrance psychique n'est que pas ou peu
objectivable à l'opposé d'une souffrance
physique qui est reconnue.
Schématiquement, on peut distinguer
quatre grandes périodes dans cette évolution:
Dans une première période,
les guérisons sont attribuées aux Dieux,
ou à des rituels magiques (animisme) exécutés
par des guérisseurs, des sorciers ou des exorcistes.
Ces pratiques sont encore répandues, y compris
dans les pays développés. Elles ont survécu
jusqu'ici sous différentes formes qui coexistent
avec les autres, développées ultérieurement.
Du XVIIème siècle à 1893 : le magnétisme
animal selon Mesmer, l'hypnose et la suggestion sont utilisés
comme traitements psychothérapeutiques. L'intérêt
pour les traitements psychiques des enfants apparaît
à la fin de cette période. (Sigmund Freud
découvre l'importance des traumatismes infantiles
qui sera suivi par Sandor Ferenczi, etc.. Les «
traitements moraux » (Dr. Blanche) sont par ailleurs
à la mode. Une nouvelle pédagogie se met
en place pour protéger les enfants de traumatismes
comme des séparations précoces (René
Spitz), des séductions génitales, etc. Jean-Marc
Gaspard Itard commence en 1801 la « rééducation
» de Victor, le petit sauvage de l'Aveyron. Convaincu
que la surdité n'a pas que des causes organiques,
il invente ce qu'il appelle une « orthopédie
mentale » pour éveiller le la conscience
et créer le langage.
Une séance d'hypnose en 1887.De 1893 à 1925
: Pierre Janet met en place sa méthode psychothérapeutique,
l'analyse psychologique, basée sur la notion d'automatisme
psychique qui serait à des niveaux plus ou moins
profond du psychisme. Ces découvertes sont d'importances,
et vont permettre à Sigmund Freud de développer
la psychanalyse en s'entourant de nombreux disciples et
collaborateurs avec lesquels il discute et met ses théories
et sa technique en travail. La principale découverte
de Freud est celle de l'existence de l'inconscient et
celle de la sexualité infantile. Les conflits inconscients
- résultant d'une dualité pulsionnelle -
ne sont pas accessibles à l'introspection et doivent
être mis à jour et élaborés
dans la cure psychanalytique. C'est la première
fois dans l'histoire qu'on utilise scientifiquement la
parole comme vecteur thérapeutique de manière
aussi codifiée. Cet axe Paris - Vienne alors créé
est très fécond à l'époque.
Concernant les enfants, Freud et surtout sa fille Anna,
utilise la psychanalyse dans le sens d'une sorte de guidance
parentale. L'exemple le plus connu est celui du petit
Hans. C'est Mélanie Klein puis d'autres psychanalystes
d'enfants qui feront évoluer cette guidance vers
une technique authentiquement psychanalytique. En France,
c'est - entre autres - sous l'impulsion de René
Diatkine, de Serge Lebovici, de Françoise Dolto
que la psychanalyse des enfants est devenue réalité.
A partir de 1925 : on assiste à une explosion des
méthodes thérapeutiques, qu'elles soient
fondées sur l'action par l'environnement (thérapie
familiale, thérapie institutionnelle), le groupe
(psychothérapies de groupe, psychodrames psychanalytique),
la manipulation de l'imaginaire avec le rêve éveillé,
l'art-thérapie, la relaxation, le conditionnement
(psychothérapies comportementales).
Considérations éthiques
: psychothérapie et risque d'emprise
Les psychothérapeutes sont soumis à des
règles éthiques strictes dans leur pratique.
Les patients, les personnes en difficulté sont
vulnérables, il est notamment nécessaire
de veiller à respecter identité, la confidentialité,
une attitude neutre, non-jugeante, non-directive et bienveillante.
Même si la plupart des praticiens sont de bonne
foi, le danger sectaire chez de « faux praticiens
» n'est pas négligeable, du fait de la position
du psychothérapeute. En effet, « le domaine
de la psychothérapie est un terreau propice aux
dérives sectaires » [1], car entre le patient
et le psychothérapeute se noue une relation particulière,
que les psychanalystes nomment transfert, qui fait que
le patient peut développer des sentiments extrêmement
forts (d'amour, de haine, de soumission, etc..) envers
son psychothérapeute. Il est alors indispensable
que ce dernier ait une formation et une éthique
rigoureuses pour éviter que ne se mette en place
une relation d'emprise, comme on peut l'observer avec
les gourous. Un certain nombre de conseils peuvent être
donnés à qui souhaite entreprendre une psychothérapie
:
La psychothérapie doit résulter
d'un contrat oral et/ou écrit qui repose en principe
sur le volontariat du patient et du psychothérapeute
(exception dans les milieux pénitentiaires);
Le psychothérapeute doit être formé
dans un courant psychothérapeutique et doit l'expliquer
au patient ;
Il doit préciser la technique qu'il va employer,
ses modalités de mise en œuvre, ses limites,
la théorie qu'il utilise, le coût du traitement,
les modalités de payement, etc.. ;
Le but du traitement est le soulagement des souffrances
psychiques, l'accès à une plus grande liberté
individuelle et le renforcement de l'autonomie;
Un(e) psychothérapeute ne devrait pas chercher
à opposer un patient à sa famille et à
son milieu culturel;
La psychothérapie doit être faite en concertation
avec le traitement médical s'il y en a un;
Le psychothérapeute ne peut exiger l'arrêt
d'un traitement médical unilatéralement
; il doit aussi se refuser à donner un avis
médical (traitement, disgnostic, médicaments
etc.);
La psychothérapie peut beaucoup améliorer
le cours de maladies du corps mais elle ne remplace pas
les traitements médicaux.
Les différentes approches et techniques
aujourd'hui
Depuis la seconde moitié du XXe siècle,
le nombre d'approches psychothérapique a cru de
manière très importante. De nos jours, il
existe trois groupes de psychothérapies sur lesquelles
portent la quasi-totalité des études réalisées
: les psychothérapies psychanalytiques (et celles
qui en dérivent), les thérapies cognitivo-comportementales,
les thérapies systémiques. De nombreuses
autres thérapies sont apparues par la suite, certaines
basées sur des théories qui n'ont reçu
aucune évaluation, se constituent en petits groupes
autour d'un gourou. Il n'y a aucune base théorique
commune et il en existe aujourd'hui plus de 300 théories
de la psychothérapie. Seules quelques unes ont
fait l'objet d'évaluations selon le modèle
scientifique : les thérapies psychanalytiques,
cognitivo-comportementales, systémiques et EMDR.
Les psychothérapies de soutien
Le terme de psychothérapie de soutien définit
un objectif thérapeutique ne renvoie pas à
une catégorie clairement définie de cures
psychologiques. L'objectif sera simplement d'aider la
personne à supporter ses symptômes ou ses
problèmes généraux ; donc cette forme
de psychothérapie vise à apporter un soutien
moral.
Les psychothérapies psychanalytiques
Bases communes
Au premier plan de gauche à droite: Sigmund Freud,
Stanley Hall et Carl Gustav Jung; Au second rang Karl
Abraham, Ernest Jones et Sandor Ferenczi devant la Clark
University (Massachusetts) en 1909.La théorie utilisée
dans cette approche a été inventée
par Sigmund Freud, elle vise à mettre au jour,
dans le cadre d'une relation dite de transfert les causes
et mécanismes inconscients d'une souffrance psychique
qui peut se traduire par des conduites symptomatiques,
hystérie, phobie, névrose obsessionnelle,
névrose traumatique, dépression, psychose,
perversion, etc. On différencie la cure type, classique
(nombre de séances hebdomadaires - 3 ou 4 - patient
allongé sur un divan, payement des séances,
etc..) de la psychothérapie d'inspiration psychanalytique
(face à face, intervention de la Sécurité
Sociale lorsqu'elle est pratiquée par un psychiatre).
Cette dernière peut durer de quelques séances
(psychothérapie brève) à plusieurs
années. La cure type s'effectue sur plusieurs années.
Il s'agit d'un travail en profondeur qui met en avant
la motivation du patient et son envie d'aller mieux au
plus profond de son malaise ou mal-être.
La souffrance psychique résulterait
de la condition d'être humain qui serait confronté
à un conflit complexe entre des interdits parentaux
intériorisés (surmoi), des idéaux
(idéal du moi) et les pulsions (ça).
Avec l'adulte, comme avec l'enfant, la neutralité
ou réserve du psychothérapeute, l'accueil
inconditionnel de ce que le patient amène en paroles
ou en actes, la discrétion du thérapeute
par rapport à ce qui se passe en séance
est primordial car elle crée les conditions d'une
parole libre. Le psychothérapeute ne peut donc
pas rapporter sa parole à un autre même si,
bien évidemment, le patient peut parler de sa psychothérapie
à qui bon lui semble.
L'attention flottante et la neutralité
bienveillante que l'analyste est censé observer,
lui permettent de produire une facilitation à la
parole et une interprétation de celle-ci, sans
jugement de valeur. L'analyse du transfert, est capitale
pour comprendre ce qui se joue dans la séance,
et est de ce fait la clé de voûte du changement
thérapeutique des approches analytiques.
Les psychothérapies psychanalytiques
diffèrent des autres psychothérapies en
ce sens que les effets de suggestion y sont réduits
au maximum et qu'elles ne visent pas une adaptation du
sujet à une norme ou un idéal. « Une
psychothérapie, n'est pas une adaptation au monde
extérieur. Son effet opérationnel, en fin
de traitement, est un ordre retrouvé dans l'image
du corps du sujet et dans l'axe de ses désirs allant
des émois des stades archaïques les plus anciens,
les plus originels, jusqu'aux émois de l'époque
actuelle ou s'organisent ses pulsions sexuelles inconscientes
génitales » (Dolto A sourcer). Il s'agit
d'accompagner un sujet dans l'appropriation de sa vie
psychique inconsciente, et par là, dans l'épanouissement
de ses potentialités créatrices.
Différence entre psychothérapie analytique
et psychanalyse
Les choses sont complexes lorsqu'il s'agit de différencier
psychothérapie analytique et psychanalyse et depuis
Freud, la question n'a cessé d'agiter les sociétés
de psychanalyse. O. Kernberg, dans un travail récent,
différencie les psychothérapies de soutien
de la psychanalyse par le fait que les premières
« visent à renforcer les compromis adaptatifs
» en utilisant persuasion, conseil, réconfort,
encouragement, éloge, suggestion. On voit que Kernberg
allie, suivant d'ailleurs le conseil de Freud, «
l'or et le cuivre » et il n'hésite pas à
y ajouter le plomb de l'intervention directe sur l'entourage.
Les psychothérapies analytiques se centreraient
sur les conflits actuels, les rapports du patient avec
la réalité extérieure seraient pris
en compte et la référence à la sexualité
infantile mise à l’écart. Ainsi, «
la psychothérapie psychanalytique maintient une
technique essentiellement psychanalytique adaptée
pour analyser les conflits inconscients activés
dans le transfert au sein d'un cadre modifié, clairement
défini et que le patient déclare explicitement
accepter à l'avance »[2].
Trouvera-t-on une différence en ce
qui concerne le cadre ? Rien n’est moins sûr
: dans un cas comme un autre, le cadre s’organise
autour des règles de libre association, d’abstinence
et de confidentialité. S’agissant d’enfants,
la cure type a été modifiée pour
permettre le travail analytique. Ainsi, grâce à
Mélanie Klein, il est admis que ce que produit
(jeux, modelages, dessin) l’enfant en séance
est l’équivalent des associations libres
de l’adulte. La psychanalyse des enfants a enrichi
le corpus théorique de la psychanalyse et a sans
doute permis d’autres extensions de la cure type
: le travail avec les groupes, le couple, la famille,
le psychodrame, et enfin une meilleure prise en compte
du champ de la psychose.
Pour Sigmund Freud, la tâche de l’analyste
consistait à lever les refoulements de son patient,
à reconstituer par un travail qui tient de l’enquête
policière et de l’archéologie les
désirs et traumatismes passés. Melanie Klein
est elle dans un temps ou l’infantile est en cours
de constitution ou n’existe pas encore. Son travail,
et celui de ses continuateurs, s’axe sur les relations
primitives à l’objet, sur la naissance de
celui-ci comme du self ou encore sur le rôle de
l’environnement. Ces travaux vont attirer l’attention
des analystes sur le processus analytique lui-même.
Un mécanisme comme l’identification projective,
par exemple, d’abord compris dans son acception
défensive, va être peu à peu pris
en compte dans un sens plus positif pour enfin être
entendu comme une dimension du contre-transfert de l’analyste.
Ce processus analytique, Th. Bokanovski[3],
lui assigne un lieu où les forces en présence
peuvent trouver un sens. Ce lieu est l’espace analytique
; il permet « le déploiement du transfert,
le développement de la névrose de transfert,
et l’analyse de celle-ci ». L’inconscient
s’y révèle par les résistances
au travail de l’analyse, tant du côté
du patient (transfert et résistances proprement
dites) que de l’analyste (contre-transfert). Il
« s’étaie » sur le cadre dont
les fonctions de contenant et de pare-excitation permettent
d’isoler et d’interpréter le processus
en cours. Les forces en présence sont le transfert,
le contre-transfert, la névrose de transfert et
les résistances. Le transfert est « le plus
grand obstacle à la psychanalyse » comme
« son plus grand auxiliaire » pour autant
qu’il puisse être interprété.
(Freud 1905)[4]. Il est multiple par sa valence (positif
ou négatif), sa qualité (érotique,
narcissique, haineux etc..), les objets visés (fraternel,
paternel, maternel). Ce sont des relations objectales,
des affects, des fantasmes qui sont reproduits sur la
personne de l’analyste et qui peuvent s’organiser
en une névrose de transfert, « réédition
» de la névrose clinique. L’interprétation,
dont la forme peut varier (reformulation, interprétation
du transfert ou dans le transfert), met en lien des éléments
inconscients (représentations ou affects), permet
d’approcher des zones clivées ou encore dévoile
des fantasmes inconscients et au final, donne au patient
un meilleur jeu psychique. Transfert et résistance
d’un côté, contre-transfert de l’autre
sont comme des forces de frottement qui s’appliquent
sur un cadre qui est immuable. Les traces qu’elles
y laissent, les modifications que l’analyste y observe,
les répétitions qui s’y dessinent
lui permettent de prendre conscience des forces inconscientes
en jeu. Le processus analytique est donc fonction de nombreuses
variables, dont l’analyste maîtrise finalement
fort peu. Il a à veiller sur le cadre qu’il
a posé et sur son contre-transfert qui lui donne
des indications précieuses sur le fonctionnement
psychique de son patient.
De façon plus tranchée, nous
dirons que la ligne de partage entre psychothérapie
analytique et psychanalyse est que la seconde est le traitement
appliqué par un psychanalyste (Jacques Lacan).
C'est, il est vrai, simplement la déplacer, car
un psychanalyste peut faire des psychothérapies.
Le rôle joué par le thérapeute est
certes important : il peut s'effacer plus ou moins comme
personne, agir sur des éléments du cadre
(durée, rythme, paiement), moduler ses interventions,
leur niveau. Mais pour Françoise Dolto «
Dans les psychothérapies de soutien, on n'analyse
pas l'histoire du sujet, ni l'œdipe avec la famille.
Il s'agit simplement de distinguer entre le désir
et le besoin, entre l'imaginaire et les faits »[5].
Mais cela ne présage en rien ce qui peut se produire
chez le patient : l'investissement du traitement, le niveau
de régression qui sera le sien, la coloration transférentielle
ne peuvent se prévoir a priori. Le processus analytique
advient... ou non et c'est a posteriori que l'on peut
dire s'il y a eu psychanalyse ou non.
La psychanalyse proprement dite (cure-type)
Divan (celui de Freud) utilisé lors d'une cure-type.Lors
d'une cure-type psychanalytique l'analysant (patient)
est invité à s'allonger sur un divan de
telle façon qu'il ne puisse pas voir l'analyste.
Cette position serait propice à la régression
et ainsi à la mise en place de la condition optimale
permettant l'association libre. Cette dernière
est la première des règles fondamentales
avec celles de l'abstinence.
L'action thérapeutique du psychanalyste
se joue dans l'analyse du transfert et contre-transfert.
Le thérapeute ce veut ici le moins interventionniste
possible sur la parole du patient.
La psychothérapie psychanalytique individuelle
Basée sur la cure-type, la psychothérapie
psychanalytique individuelle peut différer de celle-
ci sur un ou plusieurs points, tels qu'un entretien fait
en face à face, et/ou l'intervention du thérapeute
de forme plus directif par exemple. Dès lors elle
peut s'appliquer à plus de patient, étant
donné que la situation pourra lui être adaptée.
Ces modifications de la cure-type dépendent «
en fait de l'organisation psychopathologique dont il s'agit
et, dans une certaine mesure, du style et de la personnalité
de l'analyste. »[6]
Le Psychodrame psychanalytique
Voir les articles Psychodrame analytique de groupe et
Psychodrame analytique individuel.
Le psychodrame psychanalytique comprend un couple de psychothérapeutes
et un groupe d'enfants ou d'adultes - il existe des psychodrames
analytiques individuels. L'indication est posée
soit pour des patients trop inhibés pour faire
face à la charge d'angoisse d'une psychothérapie
individuelle, soit pour des enfants trop agités.
Techniquement, il existe plusieurs dispositifs
selon qu'il s'agit d'un psychodrame en groupe - l'approche
individuelle du « protagoniste » est alors
privilégiée - ou d'un psychodrame psychanalytique
de groupe - ou l'on privilégie l'approche groupale.
Une histoire élaborée dans l'espace de parole
est jouée dans l'espace de jeu. Le protagoniste
(ie celui qui a proposé l'histoire) choisit des
ego auxiliaires dans le groupe d'enfants et dans le groupe
de thérapeutes. L'analyste de groupe dirige le
jeu, l'interrompt au moment qui lui semble le plus judicieux,
propose des changements de rôle et de direction.
Le jeu est pris comme un rêve et interprété
comme tel.
Les psychothérapies psychanalytiques,
qu'elles soient groupales ou non, avec médiateur
ou non, ont ceci de commun qu'elles visent toutes à
analyser le niveau inconscient (conflits, fantasmes).
Les difficultés du patient sont comprises comme
autant d'expressions de leur vie inconsciente, et sont
donc à ce titre précieuses car elles sont
les ambassades de sa vie inconsciente. Le transfert du
sujet, sur le cadre et le thérapeute, c'est à
dire la réédition de conflits anciens, est
utilisé ici et maintenant pour traiter ce qui,
du passé, ne passe pas.
La psychothérapie psychanalytique de groupe
(familiale)
Cette thérapie est basée sur l'analyse de
la relation transférentielle entre les membres
du groupe (famille), et entre l'ensemble de celui-ci et
le thérapeute, sous tendus par les fantasmes inconscients
communs au groupe.
La psychothérapie psychanalytique des enfants
La psychanalyse est utilisée pour la première
fois chez les enfants par Mme Von Hug-Hellmuth, puis par
Anna Freud. Mais c'est à Mélanie Klein que
l'on doit l'invention d'un cadre rendant possible la psychanalyse
des enfants telle qu'elle se pratique encore aujourd'hui.
Après 1925, alors que les types de psychothérapies
se multiplient, les rééducations trouvent
leurs théories de référence et affinent
leurs techniques. Portant d'abord sur le langage parlé,
puis écrit, les troubles psychomoteurs s'étendront
bientôt à toutes les difficultés que
peuvent traverser les enfants et aux troubles de l'apprentissage
scolaire.
Durant le siècle dernier, plusieurs
courants allant de la pédagogie libre (Montessori,
Pestalozzi), la guidance parentale, les rééducations,
la psychanalyse, vont tenter de prendre en compte l'enfant
au plus près de sa réalité, de ses
expressions fantasmatiques ou symptomatiques et de son
environnement familial. Concernant l'enfant en difficulté,
l'idée qu'un symptôme isolé n'existe
pas, qu'il est pris dans une économie à
la fois intra et inter psychique, se fait rapidement jour.
Ainsi, en 1917, Gérard de Parel est le premier
à affirmer que la voix est un élément
pris dans un ensemble complexe (respiration, audition,
psychomotricité...). La conséquence est
que la rééducation doit porter sur l'enfant
dans sa globalité. Son livre, Notions d'anacousie
trace les grandes lignes de ce qui sera l'orthophonie.
De son côté, la psychanalyse des enfants
diffuse dans les différentes rééducations
dans un mouvement qui donnera naissance à la création
de lieux spécifiques pour accueillir des enfants
présentant des difficultés psychologiques.
Ce sera, dans un premier temps, les Centre Psycho-pédagogiques,qui
deviendront ensuite les Centre Médico-Psycho-Pédagogiques.
Le premier est ouvert au lycée Claude Bernard,
à Paris en mars 1946. Un homme, le Prof. Heuyer
représentera particulièrement cette convergence.
Dans son service travaillent des psychanalystes comme
Jenny Aubry ou Françoise Dolto. À son initiative,
est crée en 1955 un enseignement décernant
une Attestation d'études d'orthophonie, qui deviendra
diplôme d'état en 1966. En octobre 1961,
un enseignement relatif à la psychomotricité
de l'enfant et de ses troubles est ouvert à Paris.
Parmi les enseignants, René Zazzo, René
Diatkine, Pierre Male, Bonvalot-Soubiran, Amado et Jolivet
Le rôle des toutes premières
relations de l'enfant (Margaret Mahler), de la bouche
comme « cavité primitive » (René
Spitz)[7], des sensations réunies peu à
peu dans un « Moi-peau » (Didier Anzieu)[8],
du portage (Winnicott), du dialogue tonique (Julian de
Ajuriaguerra) et verbal avec la mère donnant lieu
à « l'illusion anticipatrice » (René
Diatkine)[9], des différentes castrations (Françoise
Dolto), pour ne donner que quelques exemples, sera mieux
connu et éclairera la psychopathologie tant de
l'adulte que de l'enfant.
Peu à peu, on assiste à une
reconnaissance des épreuves que traverse tout enfant
(sevrage, acquisition de la propreté...), des traumatismes
circonstanciels (disparition d'un proche, séduction
par un adulte...) qui peuvent affecter le développement
de l'enfant et à une meilleure connaissance des
étapes normales du développement de l'enfant.
Une psychothérapie analytique ou une
psychanalyse d'enfant est un dispositif de parole, créé
par le psychothérapeute où les conflits
et fantasmes de l'enfant trouvent des modalités
d'expression et peuvent, le cas échéant,
être interprétés par le psychothérapeute.
Elle est une application de la psychanalyse auprès
des enfants. Ce dispositif est borné par un cadre,
donné explicitement à l'enfant, et accepté
par lui, constitué par les horaires, les rythmes
et la durée des rendez-vous, les règles
de libre association pour l'enfant et d'abstinence et
de réserve pour le thérapeute. Des objets
(voitures, personnages sexués, animaux, poupées,
feuilles et crayons, pâte à modeler...) sont
à la disposition de l'enfant qui peut ainsi dire
« en parole-dessin », en « parole-pâte
à modeler » ou en « parole-jeu »
ce qu'il a à dire. Lorsque l'enfant n'est pas capable
de jouer, pour une raison ou un autre (grave inhibition
ou trouble de la personnalité) l'urgence thérapeutique
est de lui apprendre à jouer. D'autre part, le
jeu peut, tout comme le rêve, être pris comme
un rébus, c'est à dire que les éléments
utilisés valent comme un signe à articuler
à d'autres. Mais le jeu en psychothérapie
a aussi d'autres fonctions : il est un contenant dans
lequel l'enfant expérimente d'autres modalités
relationnelles (à soi, aux autres) et certains
psychothérapeutes pensent qu'il vaut mieux interpréter
le moins possible et « simplement » laisser
le jeu se dérouler.
L'âge, la psychopathologie en cause,
l'aptitude à représenter de l'enfant ont
conduit à inventer d'autres formes de psychothérapies
analytiques : les psychothérapies de groupe, avec
ou sans médiateur, ou le psychodrame.
Ainsi, à côté de ce dispositif
individuel, il y a l'ensemble des psychothérapies
de groupe, avec ou sans médiateur. Ce que l'on
nomme le plus souvent atelier conte (ou dessin ou du nom
du médiateur), groupe thérapeutique et enfin
les groupes de psychodrame, comme le psychodrame analytique
individuel.
Les groupes avec médiateurs sont le
plus souvent proposés à des enfants jeunes,
dont les capacités d'élaboration doivent
être soutenues. Il le sont de deux façons
: par le groupe, dans lequel l'enfant peut se fondre ou
prendre le risque de se détacher ; par le médiateur,
qui prête sa forme à la représentation
de fantasmes ou de conflits. L'exemple type est l'atelier
conte, dans lequel un couple de psychothérapeutes
raconte une histoire à un groupe d'enfants, histoire
qui est ensuite jouée « en semblant ».
Le conte donne au groupe une représentation d'une
situation conflictuelle et les moyens d'en sortir. Le
jeu permet à l'enfant d'en expérimenter
de nouvelles, d'achopper sur des difficultés prévues
ou non, ou de répéter inlassablement la
même chose. Le dispositif est en lui même
une interprétation : un couple et un groupe d'enfants
rappellent la situation commune : nous venons tous d'une
famille, nous avons tous des liens transgénérationnels,
et cela nous pose des problèmes à tous.
Les conflits sont représentés d'une façon
plurifocale : dans le conte, dans le jeu, dans le groupe.
Il y a donc une série d'enveloppes qui permettent
de contenir et d'inscrire les différentes problématiques.
Ces espaces sont représentés par la différence
« espace du conte » et « espace du jeu
».
La psychologie analytique
Jung en 1912.La psychologie analytique est une approche
Jungienne. Comme l'approche psychanalytique elle analyse
les rêves de l'analysant (le patient), mais s'en
distancie par les concepts sous jacents. Il ne s'agit
pas tant de permettre la levée d'un refoulement,
que d'amener l'analysant à prendre conscience des
exigences de ses dynamismes inconscients afin qu'il puisse
librement se déterminer entre les exigences internes
(de l'inconscient) et externes (ses investissements moïques
du monde). Cette démarche n'exclut pas l'analyse
de la sexualité infantile, mais ne se centre pas
directement sur elle. Elle implique aussi une vision du
transfert (psychanalyse) où analyste et analystant
partagent un même réseau interprojectif.
L'approche cognitivo-comportementale
Elles résultent de l’association des thérapies
comportementales et des thérapies cognitives qui
ont comme base des théories de la psychologie dite
scientifique. Les thérapies comportementales ont
donc pour socle théorique d’une part les
théories du conditionnement (béhaviorisme)
et de l’apprentissage social (Albert Bandura), d’autre
part les théories de la cognition (psychologie
cognitive). L’objectif est la guérison symptomatique
: la phobie, l’obsession, l’addiction, le
délire sont des symptômes cibles, résultant
d’un désordre biochimique ou d’un mauvais
apprentissage qu’il convient de faire disparaître.
Le thérapeute utilise pour ce faire l’immersion
durable dans la situation pathogène, l’aversion,
l’inhibition réciproque, le renforcement
positif et négatif. Les thérapies cognitives
s’inspirent des théories de la psychologie
cognitive. Leur visée est la « restructuration
cognitive ». Les « schémas cognitifs
» sont stockés en mémoire et considérés
comme déterminés par les prédispositions
biologiques innées et l’apprentissage. Ils
sont activés par des stimulations ou des émotions
semblables à celles qui ont été vécues
lors de leur stockage. Les distorsions cognitives (inférence,
abstraction sélective, surgénéralisation,
maximalisation, minimalisation, raisonnement dichotomique,
personnalisation...) expliqueraient la pathologie mentale.
Le thérapeute est actif et directif
et garde avec le patient une bonne relation ; il lui est
lié par un contrat prévoyant les résultats
escomptés, et il encourage le patient à
prendre un rôle actif. Ses interventions sont centrées
sur l’ici et maintenant. L’investigation sur
les éléments cognitifs (pensées,
images, comportements, émotions) induit un décentrement
et donc une métacognition qui rend possible la
restructuration cognitive.
La formation aux Thérapies Comportementales
et Cognitives (TCC), impliquant le statut de psychologue
ou de psychiatre, peut être universitaire, en deux
ou trois ans. Le psychothérapeute peut aussi se
former par le biais de l'association française
de thérapies cognitivo-comportementales (AFTCC),
sur trois ans, laquelle est affilié à une
association européenne cherchant à implémenter
des standards assurant un gage de qualité.
Les psychothérapies d'inspiration systémiques
La thérapie familiale systémique examine
les troubles psychologiques et comportementaux du membre
d'un groupe comme un symptôme du dysfonctionnement
du dit groupe (généralement la famille).
Elle implique donc un traitement du groupe et une participation
de tous ses membres.
Parmi les thérapies familiales de
différentes natures, il y a les thérapies
systémiques familiales élaborées
par Paul Watzlawick, Donald D. Jackson et les autres dans
une approche écosystémique. Jay Haley a
contribué par des interventions inventives, surprenantes
et paradoxales.
Pour changer un comportement, les thérapies
systémiques proposent un « enveloppement
stratégique », en agissant au niveau supérieur
du contexte du comportement à modifier, plutôt
que d'agir directement sur le comportement lui-même,
à son niveau. Sun Tzu [10], a proposé d'attaquer
la stratégie de l'adversaire, au niveau supérieur
des règles de conduite, plutôt que de l'affronter
directement au niveau de ses forces vives, pour transformer
l'infortune en avantage et faire du chemin sinueux la
route la plus directe. Dans cette perspective, la «
théorie des contextes » d’Anthony Wilden
[11] propose d'installer un nouveau contexte, tel que
le comportement attendu puisse survenir, se maintenir
et se développer comme une « réponse
appropriée » à ce contexte. Cette
« réponse appropriée » à
l'environnement et au contexte est de l'ordre de l'explication
cybernétique, en contraste à l'explication
causale des thérapies behaviorales et psychodynamiques
ou psychanalytiques.
Les thérapies systémiques familiales
sont des pratiques enveloppées par un enchevêtrement
de théories cybernétique, sémiotique
et systémique. Elles sont cybernétiques
en interprétant un comportement « anormal
» comme parfaitement adapté ou « normal
» à un contexte et un environnement qui,
eux, sont « anormaux ». Ainsi, par exemple,
la schizophrénie considérée comme
une maladie incurable et progressive de l'esprit d'un
individu est complètement différente de
la schizophrénie considérée comme
la seule réponse possible à un contexte
où la communication est absurde et intenable. Elles
sont cybernétiques en intervenant non pas exclusivement
sur le « malade » déclaré, mais
sur l'environnement et le contexte « malades »,
au niveau supérieur de la gouverne ou de la commande.
Ces thérapies systémiques familiales
sont sémiotiques en interprétant le comportement
humain comme communication des signes, signifiants et
significatifs, dans un contexte et considèrent
les deux termes, communication et comportement, comme
étant pratiquement synonymes. Toute communication
suppose un engagement dans une relation et définit
par là et en même temps la manière
dont les communicants conçoivent, souhaitent ou
exigent et voient cette relation. Toute communication,
alors, présente deux aspects : le contenu et la
relation, tels que le second enveloppe le premier et,
dès lors, est une métacommunication située
au niveau supérieur dans une hiérarchie
de type logique, de contrainte ou de complexité.
Dans l'intervention, elles attachent la plus grande importance
à recadrer une relation, en lui attribuant d'autres
significations et valeurs, de telle manière qu'elle
apparaît totalement différente.
Ces thérapies familiales sont systémiques
en prenant en compte, dans l'interprétation et
dans l'intervention, la totalité des relations
entre les niveaux de comportement ou d'ordres de réalité
et entre le « patient » désigné
et les autres membres de la famille et du groupe social.
Même si le patient ne veut pas assister aux séances
de thérapie familiale, la modification de la dynamique
interactionnelle familiale, grâce à l'influence
active opérée sur le comportement des autres
membres de la famille, peut conduire à une amélioration
considérable chez le patient qui, rappelons-nous,
n'est que l'expression ou le symptôme des relations
pathogènes dans la famille.
Les thérapies systémiques familiales
sont centrées sur la formation du problème
et considèrent les manifestations cliniques comme
des aspects des processus en cours dans le système
interactionnel du « malade ». Cette approche
postule que la détresse psychologique et les symptômes
résultent de la mauvaise « gestion »
des événements marquants ou de « perturbations
» intervenant dans ce système familial. Une
symptomatologie aiguë peut refléter une exacerbation
de difficultés initiales résultant des tentatives
bien intentionnées, rationnelles et raisonnables,
mais inappropriées, mises en œuvre par le
« malade » lui-même et son entourage.
Le cas type de ces tentatives bien intentionnées
est la multitude de conseils donnés à une
personne déprimée qui ne font que renforcer
et enraciner sa dépression, comme le bègue
qui bégaie de plus en plus à force d'avoir
peur de bégayer et l'insomniaque qui dort de moins
en moins à force d'avoir peur de ne pas dormir.
Les tentatives bien intentionnées, rationnelles
et raisonnables seraient d'encourager l'un à parler
lentement pour ne plus bégayer et l'autre à
se reposer et ne penser à rien pour dormir. Dans
ces deux cas de figure, le traitement paradoxal de ces
thérapies consiste à prescrire le symptôme
en demandant au bègue de bégayer encore
davantage et à l'insomniaque de surtout ne pas
dormir.
L'exercice thérapeutique est essentiellement
centré sur les tentatives de résolution
déjà faites, sur ce qui a été
déjà entrepris pour traiter les difficultés
du « malade », plutôt que sur les difficultés
elles-mêmes. Comme l'explication cybernétique
est dite « négative » par rapport à
l'explication causale dite « positive, » ce
travail thérapeutique est a « contrario »
après l'observation de ce qui n'est pas et des
« terribles simplifications », comme dans
la dépression, le bégaiement et l'insomnie.
Il s'agit, alors, de prendre des mesures pour empêcher
le maintien, le développement et la reproduction
des comportements qui entretiennent le problème
et de recadrer ou redéfinir ce-lui-ci, ainsi que
les buts que se sont fixés les personnes impliquées
dans ce problème et les points de vue qu'elles
ont jusqu'alors adoptés. Ce qui peut provoquer
chez elles des comportements complètement différents.
Les thérapies systémiques familiales
ne sont pas des thérapies dite de groupe, leur
caractère familial signifie qu'elles tiennent compte
de l'implication de tous les membres qui composent la
famille, mais ne traitent pas tous les membres en groupe.
L'accent est mis sur la façon dont les autres membres
de la famille (par rapport au « malade » désigné)
entretiennent un comportement perturbé. Ce qui
ne veut pas dire qu'elles peuvent en tirer un quelconque
profit, mais seulement que les schémas (patterns)
interactionnels, c'est-à-dire les règles
d'interaction, une fois établis, ont tendance,
à cause de leur fonction homéostasique,
à s'auto-perpétuer. Autrement dit, ils maintiennent
le système d'interactions dans sa forme présente.
Une approche systémique familiale n'exige pas que
toutes les personnes, composant le système familial,
assistent aux séances de thérapie. Un changement
approprié dans un sous-système entraîne
souvent une évolution majeure du système
entier. Le « malade » désigné,
à la limite, peut ne pas assister aux séances
de thérapie.
Par problèmes, nous désignons
des impasses, des situations inextricables, des dilemmes
insupportables et ainsi de suite, que l'on crée
et fait durer, souvent, en aggravant les difficultés
initiales :
soit par l'ignorance (signifiant à
la fois ne pas savoir et ne pas vouloir savoir) de ces
difficultés ;
soit par la modification d'une difficulté inhérente
à la situation en gardant constante la situation
;
soit par une erreur de type logique en agissant au mauvais
niveau, comme vouloir cesser de bégayer pour le
bègue, dormir pour l'insomniaque, être joyeux
pour le déprimé, alors que le bégaiement,
le sommeil et la joie sont hors de contrôle de la
volonté.
Il y a aussi des conduites paradoxales dans les stratégies
doubles ou multiples. Yves Barel[12] a séployé
en compromis, compartimentage et double contrainte dans
la reproduction sociale que l'on peut retrouver et utilisables
dans les thérapies systémiques familiales
de changement, de passage ou de transition qui sont des
phénomènes paradoxaux dans la coexistence
indissociable et les références mutuelles
du fluctuant et de l'invariant, de la différence
et de la similarité. En effet, le changement est
inconcevable, au vu de cette théorie, en dehors
de la permanence ou de la stabilité et réciproquement,
comme l'identification l'est en dehors de la différenciation.
Le compromis n'est pas une conciliation, un moyen terme
ou un produit « bâtard » ou encore un
mythique « juste milieu », comme le veut le
sens commun, qui consiste à rejeter les extrêmes
ou « contraires » et prendre le reste.
La gestalt-thérapie
La Gestalt-thérapie se situe dans une optique dynamique.
Elle s'intéresse au « processus »,
à l'ajustement permanent entre un individu et son
environnement. Cet ajustement est par définition
en perpétuel changement. Le terme Gestalt vient
du verbe allemand gestalten, qui signifie « mettre
en forme, donner une structure ».
L'hypnose thérapeutique
L'état d'hypnose est un état modifié
de la conscience qui permet, selon les praticiens qui
l'utilisent, un accès facilité à
l'inconscient. Cet état peut être utilisé
par des thérapeutes afin de parvenir à des
changements, on parle alors d'hypnose thérapeutique.
Il est important de comprendre que l'hypnose constitue
seulement un outil qui permet, selon les hypnothérapeutes,
d'accéder aux couches profondes de la personnalité.
Il est donc nécessaire d'associer à «
l'induction hypnotique » différentes interventions.
L'hypnose a été très
utilisée au XIXème siècle, puis est
tombée dans un relatif discrédit avec l'essor
de la psychanalyse. Freud, en effet, utilisa l'hypnose
pendant quelque temps, mais il critiqua ensuite son usage
car il considérait qu'elle ne laissait pas au patient
la possibilité de s'investir dans la cure. Aujourd'hui
encore, la psychanalyse critique cette méthode
en mettant en cause un effet de déplacement symptomatique,
qui se produirait quelques temps après sa disparition.
Ceci serait le fait que la source du conflit n'est pas
résolue. De nombreux praticiens poursuivirent et
développèrent toutefois son utilisation.
En France, par exemple, les travaux de Léon Chertok
ont été nombreux et ont eu une large audience.
L'hypnose ericksonnienne, qui a été
mise au point par le psychiatre Milton Erickson, se caractérise
par sa souplesse, son refus du dogmatisme, et l'utilisation
de métaphores. Elle se situe dans une optique courte
(au maximum de quelques mois).
La psychothérapie rogerienne et l'approche
humaniste
Carl Rogers.On utilise fréquemment le terme de
psychothérapie rogerienne, ou de thérapie
humaniste, même si le nom qu'en a finalement donné
Rogers, et qui est repris dans le monde entier, est :
Thérapie centrée sur la personne, ou centrée
sur le client. Fondée par C. A. ROGERS, cette technique
repose sur le postulat de l’existence d'une tendance
humaine fondamentale positive. Le but du traitement est
l’extériorisation de tout ce qui s'oppose
à cette tendance, venant des parents et du milieu.
La méthode est non directive, et l’attitude
du psychothérapeute envers son patient est à
la fois faite de compréhension empathique, et de
la plus grande implication subjective possible. Le thérapeute
utilise ses émotions pour proposer la verbalisation
de celles-ci au patient Le thérapeute fait preuve,
envers son patient, d’une considération positive
inconditionnelle sans réserve ni jugement ; il
est authentique, sans masque ni façade Il sollicite
une prise de distance réflexive. Ses reformulations
apportent un étayage qui encourage et renforce
les moyens personnels du patient.
Psychothérapie inspirée de l'école
française
Bien qu'aujourd'hui l'analyse psychologique de Janet ne
soit plus appliquée, on constate un retour de cette
approche clinique française[13]. Le but de cette
psychothérapie est de « permettre à
la personne de réactiver ses processus adaptatifs
»[14], et ceci à moyen (quelques mois) ou
à long terme (quelques années) suivant les
besoins.
Le psychothérapeute issu de ce courant
base son intervention sur l'analyse de la relation intersubjective
(différent du transfert en psychanalyse) avec le
patient, c'est à dire qu'il y a réelle interaction
entre deux sujets à part entière, en prenant
en compte « à la fois la psychogenèse
et la structure du patient »[14]. C'est pour cela
que le patient et son thérapeute sont en face à
face.
Les thérapies utiles dans certaines situations
particulières
La méthode des alcooliques
anonymes (AA)
Bien que connue pour son application d'origine (le traitement
de l'alcoolisme), la méthode des alcooliques anonymes
tend à connaître des champs d'applications
de plus en plus vastes sur tous les comportements d'addiction
(alcool, drogue, jeu, etc.). Il s'agit d'une thérapie
qui utilise le soutien par les pairs, à travers
des réunions de groupe, en général
pour une durée moyenne (environ deux ans).
L'EMDR
L'EMDR (pour Eyes movement desensitization and reprocessing
ou Désensibilisation et reprogrammation par les
mouvements oculaires) est une technique thérapeutique
courte qui emprunte à l'hypnose et aux thérapies
cognitivo-comportementales. Elle traite essentiellement
les cas de stress post-traumatique par des stimulations
sensorielles alternées. Créé par
l'américaine Francine Shapiro, son protocole est
très strict et codifié. Il consiste à
identifier l'image traumatisante, la croyance (cognition)
négative associée et la positive à
installer. Il est aussi possible de travailler par des
sons alternatifs sur chaque oreille ou par un «
tapping » sur chaque main. Elle se situe dans une
optique courte, compter généralement dix
heures pour un traumatisme.
Le debriefing psychologique après un traumatisme
psychique
Le debriefing psychologique est une intervention psychothérapique
individuelle ou collective qui peut être proposée
dans la période de deux à dix jours qui
suit un traumatisme psychique. Différentes techniques
existent, la technique nord-américaine étant
assez différente de la technique francophone. Le
debriefing vise à la fois à soulager la
douleur psychique causée par le traumatisme, et
à réduire le risque de survenue ultérieure
de complications psychiatriques (notamment d'un Trouble
de stress post-traumatique) ou bien encore à réduire
leur intensité. Il est généralement
suivi d'un second entretien. En France, le réseau
des CUMP assure de tels soins dans le cadre du SAMU, mais
de nombreux autres praticiens y sont également
formés.
L'analyse transactionnelle (AT)
Les états du Moi (Parent/Adulte/enfant).Éric
Berne (1910-1970) psychiatre, après deux ans d'analyse
avec Paul Federn, puis une seconde analyse avec Erik Erikson,
voit sa candidature à l'institut de psychanalyse
de San Franscisco rejetée. Il promeut alors une
nouvelle méthode de psychothérapie : l'analyse
transactionnelle (AT), qui est initialement une thérapie
de groupe, dont le but est de donner au patient l'accès
à une connaissance psychologique. Face aux injonctions
des parents, des décisions de l'enfant sont inscrites
et peuvent donner lieu en AT a une re-décision,
une re-programmation libérant la physis, pulsion
créatrice universelle qui pousse au développement
et au perfectionnement. L’analyse transactionnelle
peut se voir adjoindre d'autres techniques : prescription
de comportements, massages, relaxation, reformulations
neutres, suggestion directe etc. Aujourd'hui, l'AT est
un ensemble de théories : personnalité (fonctionnement
intra-psychique), communication (transactions relationnelles),
organisation des systèmes (fonctionnement des groupes
et des organisations), supervision (méthodes et
pratiques à l'adresse des psychothérapeutes).
La théorie décrit des états du moi
normaux ou pathologiques, dans la double dimension de
l’expérience subjective et des comportements.
La transaction est « l'aspect manifeste des échanges
sociaux » en termes de stimulus réponse.
Les modes de communication (manifestes, cachés
ou à double fond) sont tributaires des états
du moi.[15]
Cependant, il est à noter que cette
pratique provoque des réactions négatives,
et des réactions en réponse des analystes
transactionnels. C'est ainsi que l'on peut lire dans «
The Script »[16], une revue d’information
des analystes transactionnels, des échanges à
propos de l'utilisation de cette pratique, et retranscrit
partiellement dans un rapport de la Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires[17]
(MIVILUDES):
La critique de Patricia Crossman peut se
résumer : « Jamais un mot pour les victimes,
pour leurs familles, pas une évaluation de la théorie
». Jim Allen, président de l’ITAA[18],
y répond: « ...Heureusement, nous pouvons
apprendre des erreurs du passé. Cependant, certaines
de nos pratiques, même celles basées sur
des théories douteuses, peuvent encore être
utiles ... ».
Le rapport MIVILUDES « estime indispensable
d’alerter le public une nouvelle fois sur les dangers
qu’une pratique inappropriée de l’Analyse
transactionnelle est susceptible d’engendrer »
(p.136). Mais précise qu'« il est évident
que ce n’est pas l’outil qui doit être
critiqué et a fortiori condamné. Mais la
façon dont certains en ont usé ou en usent
encore devrait donner lieu à un encadrement plus
attentif et plus rigoureux » (p.144).
L'analyse transactionnelle est une importante
source d'influence du coaching en France.
Les thérapies utilisant une médiation
Il s'agit des méthodes thérapeutiques qui
utilisent une médiation, c'est-à-dire qui
n'utilisent pas exclusivement la parole : ce peut être
la création artistique, la danse, le corps et qui
ne sont pas à proprement parler des psychothérapies...
Art-thérapie
Education créatrice par la peinture d'Arno Stern
Danse-thérapie
Équithérapie
Relaxation (souvent une étape avant une psychothérapie)
Sophrologie
Training autogène de Schultz est une technique
de relaxation thérapeutique visant un apaisement
du stress et de l'anxiété, à travers
l'obtention d'un état d'auto-hypnose. Elle est
également utilisée par certains médecins
dans un but d'aide au contrôle de l'anxiété
et du stress chez les patients présentant une maladie
physique, comme une pathologie cancéreuse, ou encore
une maladie psychosomatique.
Rêve-éveillé utilisation de l'imaginaire
et du symbolique via l'élaboration à l'état
de veille de scénarii de type onirique.
La programmation neuro-linguistique
(PNL)
Elle vise un travail sur l'adaptation au réel sans
se préoccuper des causes des problèmes comportementaux
et psychologiques rencontrés par des individus.
Elle se situe dans une optique courte (on considère
généralement une durée de 6 mois
pour des problèmes lourds).
Le thérapeute utilisant cette technique
utilise la synchronisation, la reformulation, et les demandes
de définition (que signifie ceci pour vous?) afin
d'établir une bonne communication avec le patient.
Le recadrage ou l'utilisation de points d'ancrage seront
utilisés dans un but thérapeutique.
La thérapie brève
centrée sur la solution
Méthode issue des thérapies stratégiques.
Changement de paradigme : on construit une solution plutôt
que de résoudre un problème.
La psychothérapie intégrative
Croisement d'influences, métissage de pratiques,
carrefour de théories, la psychothérapie
intégrative est à la fois une construction
plurielle et une pratique originale.
L'analyse intégrative rêve-éveillé
Méthode utilisant les techniques de thérapies
brèves pour les premiers temps de l'accompagnement
thérapeutique, puis travail avec le rêve-éveillé.
Psychothérapie intégrative analytique.
Autres variantes psychothérapiques
Elles n'ont pas fait l'objet de validation scientifique
et sont fortement contestées.
Le focusing
La psychosynthèse
L'analyse bioénergétique
La thérapie de la Réalité/thérapie
du choix
La constellation familiale
La Psychiatrie psychanalytique
La Psychothérapie transpersonnelle
Les intervenants
Pas plus qu'il ne se réfère à une
technique particulière, le terme de psychothérapeute
ne présage ni de la profession, ni des diplômes
du praticien. Aussi est-il important de bien connaître
les différents types de professionnels qui peuvent
proposer des psychothérapies, et de se renseigner
précisément lorsqu'on souhaite consulter
un psychothérapeute.
Les psychologues sont titulaire d'une licence,
d'une maîtrise et d'un DESS de psychologie (dit
aujourd'hui Master de sciences humaines mention psychologie).
Ce titre universitaire est protégé par la
loi française. Ils réfèrent leur
pratique au code de déontologie des psychologues
depuis le 22 mars 1996, garant de l' éthique de
la psychologie. La psychologie est une science humaine
et dépend donc de méthodologies différentes
de la psychiatrie qui est issue de la médecine
(sciences biologiques). Psychologues et psychiatres ont
donc une approche différente (parfois complémentaires,
parfois antinomique) de la souffrance humaine. En effet,
les psychologues ont une formation de haut niveau concernant
la psychologie de l'individu (dans ses dimensions cognitives,
émotionnelles, relationnelles) et de la dynamique
des groupes humains. Le titre de psychologue, selon la
spécialisation et le domaine d'intervention du
praticien, peut donc recouvrir un large spectre de pratiques.
Entre le neuropsychologue qui va au moyen d'un bilan neuropsychologique,
pouvoir formuler un diagnostic très précoce
de démence, le psychosociologue intervenant en
entreprise, le psychologue expérimentaliste en
laboratoire qui étudie les mécanismes de
la représentation mentale, le psychologue clinicien
faisant ici des bilans psychologiques d'enfants, là
un accompagnement psychologique d'immigrés en insertion,
ou là encore des groupes d'analyse de la pratique
de professionnels, les écarts peuvent être
très larges.
Les psychiatres ont une formation de médecin :
tronc commun pendant six années, puis quatre ans
de spécialisation. Ils sont donc habilités
à prescrire des médicaments, et leurs consultations
peuvent être remboursées car ce sont des
consultations médicales (cependant, les psychiatres
pratiquent parfois des techniques psychothérapiques
dans lesquelles la participation financière du
patient est censée avoir une vertu thérapeutique
et demandent donc un paiement sans remboursement). Les
psychiatres exercent dans le public (hôpital, dispensaire,
Centre Médico-Psychologique) ou le privé
(cabinet, clinique). Le terme psychiatre ne présume
pas de la technique thérapeutique utilisée
(Cf. psychothérapies), mais du diplôme de
docteur en médecine et de l'inscription au conseil
de l'ordre des médecins. Ils sont soumis au code
de déontologie médicale.
Les psychanalystes peuvent ou non être psychologues
ou psychiatres. Ils ont suivi une formation psychanalytique,
mais celle-ci n'est garantie par aucun diplôme.
En revanche, leur affiliation à des mouvements
psychanalytiques reconnus garantit la solidité
de leur formation. Il ne faut pas hésiter à
leur demander à quelle école ils appartiennent,
ou à consulter les registres des différentes
écoles de psychanalyse.
Les travailleurs sociaux, notamment au Canada, sont fréquemment
formés aux thérapies ou plus précisément
au counceling.
Les services de secours d'urgence peuvent proposer des
soins psychothérapiques. En France, c'est le cas
avec les Cellules d'Urgence Médico-Psychologiques
(CUMP voir Débriefing).
Certains thérapeutes n'appartiennent à aucune
de ces catégories, rien ne garantit alors leur
professionnalisme ni le cadre éthique de leur intervention,
et c'est au patient de se renseigner alors précisément.
Exercice de la psychothérapie
: l'état de la réglementation
En Belgique
Depuis 5 ans, les ministres de la santé successifs
ont décidé de légiférer les
professions de santé mentale. Quatre d'entre elles
sont tout particulièrement visées : les
psychologues cliniciens, les sexologues cliniciens, les
ortho-pédagogues et les psychothérapeutes.
Différents projets ont été
élaborés, mais aucun ne faisant l'unanimité
n'a débouché sur une législation.
En caricaturant un peu les positions en présence,
il y a essentiellement deux tendances : La première
considère que ces professions doivent être
des professions de la santé (sans différenciation
entre santé somatique et psychique) et, à
ce titre, faire partie de l'arrêté 78 qui
régit les professions médicales et paramédicales.
En France
Actuellement, en France, le titre de psychothérapeute
ne fait l'objet d'aucune réglementation et tout
un chacun peut donc s'en prévaloir sans formation
ni contrôle de l'activité.
Le député UMP Bernard Accoyer
avait déposé un amendement dans le sens
d'une mise en place d'une réglementation, mais
devant les réactions très négatives
des professionnels du secteur, il n'a pas pu être
mené à son terme. Cet amendement semble
ne pas devoir entrer en vigueur tel que, voire devoir
être retravaillé pour une mise en place ultérieure.
Outre psychothérapeute on rencontre
également les terminologies:
thérapeute, coach (notamment quant
il s'agit de prestations en entreprise).
Les problèmes principaux que pose cette absence
réglementation actuelle :
la validation de leurs techniques et pratiques
(efficacité de leurs outils, etc.),
la validation de leur niveau de formation,
la délimitation du champ de leurs activités
par rapport à celle des autres professions pouvant
être concernées :
psychologues,
psychiatres,
les points et modalités de passages de relais entre
les différentes professions pouvant être
impliquées,
leur référence déontologique.
La mise en œuvre d'une réglementation étant,
de plus, rendue complexe du fait des nombreux types de
pratiques existantes.
Néanmoins, il semble que la démarche
de mise en place d'une réglementation et d'instances
de régulation soit désormais perçue
comme une nécessité. Ce qui permet de penser
que cette situation de vide juridique sera prochainement
résolue tout en prenant en compte l'existant.
Au Luxembourg
Une particularité notable du Luxembourg, est qu'il
n'existe pas d'instituts de formation psychanalytique[19]
comme il en existe dans d'autre pays d'europe par exemple.
Au Québec
Le titre de psychologue est reconnu au Québec.
La législation est claire et stipule les études
nécessaires pour l'obtention du titre, les règles
de déontologie ainsi que les divers réglementations
concernant les rouages internes de l'ordre professionnel
des psychologues du Québec. Cependant l'acte de
psychothérapie n'est pas un acte réservé.
De nombreuses discussions ont eut lieu lors des années
2003-2004 et se tiendront certainement en 2005 et ce,
auprès de divers ordres professionnels (psychologues,
conseillers d'orientation, travailleurs sociaux, infirmières,
ergothérapeutes). Ces discussions visent à
statuer sur l'acte de psychothérapie dans le respect
des spécificités de chaque ordre professionnel
et afin de protéger le public québécois
(qui, on s'en doute, ne différencie pas facilement
entre psychologue et psychothérapeute, psychanalyste...).
À noter que le titre de psychiatre est reconnu
légalement. Donc c'est à suivre...
En Suisse
Les titres de psychologue et de psychologue-psychothérapeute
ne sont pas encore protégés en Suisse. Cela
signifie que n'importe qui peut prétendre être
« psychothérapeute » ou proposer des
services « psychologiques », sans avoir aucune
formation dans le domaine. Néanmoins, il est prévu
qu'un avant-projet de loi soit soumis à consultation
autour du début 2007, dans le but de protéger
les usagers et de permettre une reconnaissance aux professionnels.
Actuellement, la seule manière pour les psychologues
de faire valoir officiellement leur formation (licence
universitaire suivie ou non d'une formation postgraduée)
est de s'affilier à la Fédération
Suisse des Psychologues(FSP), ce qui leur permet de porter
le titre de « psychologue FSP » ou de «
psychologue spécialiste en psychothérapie
FSP », entre autres titres prévus. Hormi
la FSP, il existe également l'ASP (Association
Suisse des psychothérapeutes ) qui donne le titre
de psychothérapeute ASP, et qui permet que les
prestations fournies par les psychothérapeutes
ayant ce titre soit prises en charge par les assurance
maladies, si ces traitements sont ordonnés par
un médecin. La différence entre la FSP et
l'ASP est que ces derniers acceptent des thérapeutes
non-universitaires ou universitaires d'autres branches
que la psychologie. Notons enfin que les cantons ont pour
la plupart une loi sanitaire qui réglemente l'autorisation
de pratique de la psychothérapie non-médicale
(Vaud, Genève, Neuchâtel, etc.).
En ce qui concerne les psychiatres, leur
titre est protégé depuis longtemps.
L'évaluation des psychothérapies
et la recherche
L'importance de la pertinence des pratiques relevant de
le psychothérapie tant pour les individus qu'au
niveau collectif justifie des actions d'évaluation
et d'analyse d'efficacité même si elles sont
complexes à réaliser.[20]
Cependant la recherche sur les psychothérapies
ne s'arrête pas là, et au delà des
recherches consernant l'approfondissement des techniques
par discipline, certaines questions les traverses telles
que le consentement éclairé[21], qui peut,
en effet, possiblement s'appliquer à chacune des
techniques psychothérapeutique.
Bibliographie
Henri F. Ellenberger, Histoire de la découverte
de l'inconscient, Paris, Fayard, 1994. Réédité
en 2001, 975 pages, ISBN 2213610908
Henri F. Ellenberger, Médecines de l'âme,
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Josef Breuer, Sigmund Freud, Études sur l'hystérie,
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